Charte de langage inclusif
Créée le 01.02.2024
Introduction
Notre manière de parler est empreinte de normes. Lorsque l’on formule une phrase, il est important de questionner ces normes et ces images afin d’essayer de les déconstruire.
Le langage inclusif permet d’assurer la représentation de tous les genres au moyen de formulations orales et d’attentions ou de signes graphiques et syntaxiques. Adopter un langage inclusif améliore la représentation de la société en accordant une visibilité égalitaire et respectueuse à l’ensemble de ses membres. Il évite toute discrimination et stéréotype envers des groupes d’individus dans le langage, permettant ainsi à toute personne de se sentir représentée.
Dans le but de faciliter la rédaction de vos textes, nous vous proposons quelques conseils extraits de différents guides dédiés au langage inclusif. Nous vous recommandons d’en faire usage pour toutes vos communications écrites, qu’elles soient internes ou externes. Vous démontrerez ainsi la volonté du GLAJ-GE de privilégier l’inclusion et le respect de tout individu.
Parmi les différentes possibilités qu’offre le langage inclusif, le GLAJ-GE a opté pour des outils d’écriture simples et compréhensibles qui marquent clairement son engagement tout en garantissant des contenus lisibles et accessibles. La communication inclusive doit s’accompagner d’une réflexion plus large sur les informations et les images que l’on diffuse.
5 étapes pour adopter l’écriture inclusive
1. Respecter chacun-e
La première étape du langage inclusif consiste à adopter une communication respectueuse et non discriminatoire envers toutes les personnes. Nous veillerons à ne pas utiliser d’expressions ou d’insultes à connotation sexiste, homophobe, transphobe ou discriminante. Par ailleurs, nous veillerons à ne pas présupposer du genre d’une personne : nous pouvons directement demander à la personne le pronom qu’elle utilise ou simplement attendre que celle-ci se genre durant la conversation.
Exemples — supprimer certaines expressions :
- ne pas utiliser le terme « Homme » pour désigner un générique — par exemple « droits humains » et non « droits de l’Homme » ;
- supprimer le terme « Mademoiselle » — écrire ou dire « Madame » ;
- utiliser le pluriel pour désigner les femmes — on parlera ainsi de la journée des droits des femmes, par exemple ;
- ne pas définir une personne par sa situation (physique, psychique, autre) — utiliser par exemple le terme « personne en situation de handicap » et non « personne handicapée ».
2. Féminiser noms & fonctions
Il s’agit de faire apparaître le caractère féminin lorsque l’on désigne des noms d’occupation.
Exemples : une directrice / un directeur ; une apprentie / un apprenti ; une créative / un créatif ; une programmeuse / un programmeur ; une informaticienne / un informaticien ; une avocate / un avocat ; une secrétaire / un secrétaire ; etc.
3. La « double désignation »
Il s’agit d’exprimer le féminin et le masculin dans le même groupe, aussi appelé le « doublet ». Il est possible d’utiliser le doublet par ordre alphabétique — ainsi neutre et dénué du genre — ou en inscrivant le féminin en premier, garantissant la lecture du féminin. Le GLAJ-GE privilégie la rédaction du féminin en premier : après plusieurs occurrences d’un doublet, les lectrices et lecteurs tendent à sauter le deuxième mot.
- une participante et un participant
- les monitrices et moniteurs
- les employées et employés
Le GLAJ-GE accordera toujours la double désignation au féminin et non au plus proche : « Les participantes et participants inscrit-es (…) » et non « Les participantes et participants inscrits (…) ».
4. Reformuler, dépersonnaliser
Il est possible d’employer autant que possible des termes épicènes ou des singuliers collectifs désignant tout le monde, ou de dépersonnaliser la phrase. Cette méthode permet d’alléger le texte tout en préservant au maximum sa neutralité. Elle a également l’avantage de supprimer la binarité dans la langue et de la rendre plus inclusive.
Termes épicènes & singuliers collectifs :
- la permanence et non les permanent-es
- la présidence et non la/le président-e
- le secrétariat et non la/le secrétaire
- le personnel, l’équipe et non les employé-es
Méthodes de reformulation :
- Forme passive : « Les monos organisent une activité. » → « Une activité organisée par les monos. »
- Mise en avant (fonction, autorité ou action) : « Chaque année, un-e président-e est élu-e. » → « Chaque année, une personne est élue à la présidence. »
- Infinitif ou impératif : « conditions d’inscription : être membre du GLAJ-GE » ; « Engage-toi » ; « Compléter le formulaire ».
- Ellipses : « L’association recherche un-e responsable communication. » → « Mise au concours d’un poste de responsable communication ».
5. Utiliser la ponctuation
Les outils de ponctuation permettent d’ajouter les terminaisons féminines afin de mettre en place un texte inclusif. Utiliser le trait d’union pour nommer les deux genres lorsque les formes féminines et masculines sont semblables. Éviter la parenthèse, qui entoure quelque chose de « superflu », la barre oblique ainsi que le point « . ».
- chacun-e — pour le pluriel, un seul trait d’union sera nécessaire afin d’alléger le texte : les participant-es et non participant-e-s ;
- le GLAJ-GE favorise l’utilisation du trait d’union plutôt que la barre oblique : moniteur-trice et non moniteur/trice ; collaborateur-trice ; utilisateur-trices.
Éviter autant que possible le signe de féminisation lorsque les formes diffèrent, comme dans moniteur-trice, afin de rendre la lecture du texte plus facile. Préférer une reformulation ou une dépersonnalisation en utilisant un terme générique ou une double désignation, sauf si ces options alourdissent trop le texte.
Note : pour plus de fluidité, il est possible de contracter directement les terminaisons féminines et masculines. Le GLAJ-GE utilisera principalement la contraction oralement — ex. : les formateurices (forme contractée pour les formatrices et formateurs).
Aller plus loin
Écriture non binaire
L’écriture non binaire permet de repenser une société sans penser selon le féminin ou le masculin. Au GLAJ-GE, le langage non binaire sera principalement utilisé lors des communications ou d’événements LGBTQIA+ (ex. : tou-x-tes ; chacun-e-x ; fier-ère-x-s).
Au GLAJ-GE, on utilisera principalement les nouveaux pronoms suivants :
- il / elle → iel
- ils / elles → iels
- ceux / celles → celleux
- eux / elles → elleux
Écriture pour les personnes souffrant de dysphasie
L’écriture inclusive inclut également les personnes souffrant de dysphasie. Plusieurs supports de communication peuvent être employés pour favoriser la lecture des textes. Au GLAJ-GE, nous favorisons le plus possible la prise en compte de ces méthodes :
- utiliser une typographie ou police d’écriture simple (si possible sans empattement / sans serif) ;
- essayer d’utiliser une taille de police de 12 minimum — éventuellement interlettres étendues, avec des interlignes 1,5 ;
- mettre à disposition, si cela est possible, des supports visuels (images, vidéos) ;
- éviter les symboles, qui peuvent parfois être trop abstraits et ne pas favoriser la lecture du texte ;
- privilégier une présentation claire, espacée / aérée ;
- souligner ou indiquer en gras les mots-clés ;
- faciliter la visualisation avec des schémas, des listes ;
- regrouper les informations avec des couleurs ;
- utiliser un vocabulaire simple, sans mot complexe, et avec des phrases courtes ;
- si votre texte contient des questions : privilégier les questions fermées ou proposer des réponses.
Remarques
- Dans la communication écrite quotidienne (lettres, e-mails) ou la communication décisionnelle ou interne (PVs, documents financiers, etc.) : privilégier l’utilisation du tiret.
- Dans la communication d’un document officiel ou plus long (publication, site internet, rapport) : privilégier la double désignation ou les termes génériques.
Outils pratiques
- Eninclusif : site web qui permet de faire une recherche sur des mots afin de les adapter en langage inclusif.
- OpenDyslexic : police d’écriture open source destinée à faciliter la lecture pour les personnes dyslexiques.
- Philexia : police de caractères open source adaptée aux dyslexiques, également disponible sous forme d’extension gratuite sur Chrome.
- Pour les personnes daltoniennes : un test visuel peut être réalisé sur Adobe Illustrator (Affichage → Format d’épreuve → Daltonisme).
- Accessibilité malvoyant-es (ABAGE)
Références
- Formation « Écriture inclusive et accessible » — DécadrÉe
- « L’écriture inclusive, son utilisation au quotidien » — DécadrÉe
- Guide « Pour une communication inclusive », HES·SO
- « Les mots de l’égalité », Université de Lausanne
- Cédille