Protection de la personne responsable de la sécurité alimentaire (RSA)

Fiche pratique à destination des associations organisatrices de camps ou séjours de vacances distribuant/transformant des denrées alimentaires.

Introduction

Cette fiche vise à présenter les différentes mesures administratives, juridiques et financières que peut mettre en place une association pour protéger la personne responsable de la sécurité alimentaire (RSA) dans l’exercice de ses fonctions. Elle rappelle également les responsabilités qui pèsent sur cette personne, afin de mieux comprendre les enjeux et de garantir un encadrement sécurisé, valorisant et clair. En mettant en œuvre ces mesures, l’association démontre son engagement à protéger la personne RSA tout en assurant une sécurité optimale pour tous-tes.

Rôles et responsabilités

Responsable de la sécurité alimentaire

En tant que responsable de la sécurité alimentaire, cette personne a une obligation de diligence vis-à-vis :

  • de la sécurité des denrées alimentaires ;
  • des personnes qui en consomment (enfants, jeunes, équipes) ;
  • des équipes bénévoles ou salariées qu’elle encadre.

Sa responsabilité personnelle peut être engagée en cas d’incident sanitaire, même si elle a suivi les formations nécessaires, appliqué les procédures et sensibilisé les moniteur-trices du terrain. Il est donc essentiel que l’association mette en place des dispositifs pour la soutenir et la protéger.

Moniteur-trices

Les jeunes sont également responsables de leurs propres actions. En cas de négligence de leur part, leur responsabilité pourrait être engagée. Il est crucial que la personne responsable de la sécurité alimentaire les prépare adéquatement à leurs fonctions, via des procédures écrites, des conventions d’engagement signées indiquant clairement leurs responsabilités, etc.

Mesures de protection et de valorisation

1. Assurances

  • Responsabilité civile professionnelle : l’association doit souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle.
  • Il est essentiel de bien vérifier ce qui est couvert par l’assurance. Il est recommandé de contacter l’assureur pour lui fournir les bases légales et l’informer des règlements pouvant engager la responsabilité de l’association ou de ses membres. Cela garantit une défense adéquate sans augmenter les primes.
  • Protection juridique pour l’association : l’association peut également mettre en place une assurance de protection juridique pour elle-même, ou prendre en charge celle de l’employé-e durant son engagement.

2. Soutien juridique et financier

  • Assistance juridique : l’association devrait offrir une assistance juridique à la personne responsable en cas de contrôle ou de poursuites.
  • Prise en charge des frais de plainte : formaliser un engagement écrit de l’association à couvrir les frais liés à une plainte ou à des poursuites judiciaires à l’encontre du ou de la responsable de la sécurité alimentaire, mais également des moniteur-trices bénévoles.
  • Délégation de responsabilité : selon la taille de l’association et le nombre d’activités, il est recommandé de désigner une personne supplémentaire, formée par un organe de formation reconnu par le SCAV, pour garantir une continuité de la couverture en cas d’absence de la personne responsable ou d’un très grand nombre d’activités.

3. Soutien financier

  • Fonds de soutien : il est possible pour l’association de mettre en place un fonds pour couvrir les amendes ou frais juridiques potentiels.
  • Budget dédié : intégrer les charges liées à la sécurité alimentaire au budget pour financer les mesures de soutien, les formations et les assurances.

4. Sensibilisation et formation des bénévoles

  • Convention d’engagement des moniteur-trices : définir clairement le rôle des bénévoles / équipes de terrain et les attentes de l’association, notamment concernant le respect des procédures de sécurité.
  • Mentionner l’importance de l’hygiène et de la sécurité alimentaire dans les conventions d’engagement pour sensibiliser chaque mono à sa responsabilité individuelle.
  • Information et sensibilisation : fournir aux moniteur-trices les outils et informations nécessaires pour garantir l’application des normes de sécurité alimentaire et assurer le bon déroulement des activités.
  • Formation des moniteur-trices : assurer des formations régulières sur les règles d’hygiène et les obligations légales, avec des rappels fréquents pour maintenir une vigilance constante et réduire les risques.
  • Sensibilisation aux risques juridiques : informer les bénévoles/moniteur-trices des risques associés à la sécurité alimentaire, notamment en cas de non-respect des normes.
  • Instructions claires et documents de référence : fournir des instructions précises et détaillées aux moniteur-trices, en utilisant les documents élaborés par le GLAJ-GE et la Charte. Cette démarche inclut une évaluation des risques, l’utilisation du guide des bonnes pratiques, de feuilles médicales et la mise en place d’un système d’autocontrôles.

5. Convention de partage des responsabilités

La mise en place d’une convention entre le ou la responsable de la sécurité alimentaire et l’association est essentielle pour clarifier les rôles et responsabilités de chaque partie, éviter les ambiguïtés et garantir un soutien adéquat. Elle définit les obligations spécifiques du ou de la responsable et précise les ressources et l’accompagnement fournis par l’association. Cette convention encadre la responsabilité personnelle de la personne responsable, en établissant les limites de son engagement et en réduisant les risques juridiques en cas d’incident. Elle favorise également la confiance et un cadre de collaboration transparent.

Suggestions pour la convention :

  • Définition claire des rôles et des responsabilités : préciser que la responsabilité pénale est individuelle, tout en définissant la responsabilité de l’association en cas de poursuites. Souligner qu’une plainte pénale ne peut être déposée contre l’association en tant que personne morale pour des actes individuels. Définir clairement les fonctions et obligations de la personne RSA ainsi que le rôle du comité / de l’association.
  • Limites de l’engagement de la personne RSA : encadrer la responsabilité du ou de la RSA, en précisant les limites de son engagement et en garantissant sa protection en cas de litige, si les procédures ont été suivies. Intégrer des clauses stipulant que la personne responsable ne peut être tenue responsable des manquements résultant d’un tiers si les procédures ont été suivies.
  • Engagements de l’association : formation prise en charge financièrement et effectuée sur le temps de travail ; soutien juridique et financier en cas de manquement collectif ou organisationnel (à condition que la personne RSA ait agi conformément aux procédures établies) ; engagement à souscrire des assurances adaptées ; valorisation financière possible (prime, bonus, valorisation salariale) liée à la prise de risque.
  • Assurances : mentionner précisément les couvertures d’assurances et les limites de leur couverture.
  • Entrée en vigueur de la convention, date, for juridique et signatures des deux parties.

Subventions « journées-enfants » — marche à suivre spécifique Ville de Genève

La Ville de Genève suit une procédure spécifique pour les subventions « journées-enfants ». Les demandes peuvent être transmises jusqu’au 30 juin et doivent être accompagnées des documents officiels listés ci-dessous.

  • Délai au 30 juin 2026 pour les activités ayant eu lieu en 2025
  • Règlement régissant les conditions d’octroi des subventions municipales aux organismes de camps de vacances et centres aérés (LC 21 562)
  • Annexe (LC 21 562.A01) — Engagements pour des camps de qualité
  • Courrier circulaire de la Magistrate 2026
  • Formulaire de demande de subvention journée-enfant 2026 (pour les activités menées en 2025)
  • Attestation de vérification-révision des comptes 2025

Subventions « journées-enfants » — marche à suivre pour les communes

Marche à suivre

Avant le 31 décembre de l’année civile en cours (sauf pour la Ville de Genève, où la demande doit être faite au début de l’année suivante avec leur propre formulaire — voir la fiche « marche à suivre spécifique Ville de Genève »), les associations doivent transmettre à chaque commune une liste des enfants ayant participé à leurs activités afin de bénéficier des subventions « journées-enfants ».

Chaque association peut soumettre sa liste dans le format de son choix. Voici les informations à fournir à chaque commune, de préférence sous forme de tableau :

  • Lieu (NPA & localité)
  • Dates de l’activité
  • Liste des participant-es domicilié-es officiellement (nom, prénom, adresse)
  • Nombre total de journées : précisez s’il s’agit d’un séjour avec nuitées (camp) ou d’activités d’une journée (centre aéré)
  • Montant total demandé

Conseils pratiques

  • Joindre une lettre sollicitant la subvention, sans l’exiger, car il ne s’agit pas d’un droit automatique, mais d’un geste en faveur des familles de la part des autorités municipales.
  • Mentionner clairement votre adhésion au GLAJ-GE ou joindre votre attestation annuelle d’affiliation.

Hygiène & sécurité alimentaire à Genève — procédure

Élaboré par le GLAJ-GE en collaboration avec la Charte de qualité — version du 12 mai 2025.

1. Mise en place d’une convention (facultatif, mais vivement recommandé)

Afin de clarifier les rôles et d’assurer le respect des exigences du SCAV, il est recommandé que chaque organisme élabore une convention de partage des responsabilités entre les différentes parties impliquées (permanence, comité, équipes de terrain). Cette convention permet de désigner clairement la ou les personnes responsables de la sécurité alimentaire, de structurer les modalités d’annonce au SCAV, ainsi que les procédures internes de formation, de transmission d’informations et d’autocontrôle.

2. Annonce de l’association et de la personne responsable

Il est possible de nommer une seule personne responsable de la sécurité alimentaire par organisme. Cette personne serait aussi la personne de contact pour le SCAV et le relais entre le SCAV et les équipes de terrain — par exemple, un-e membre du comité ou un-e permanent-e qui sera responsable devant les autorités d’exécution de la sécurité des denrées alimentaires. Un formulaire adapté aux organismes de jeunesse est utilisé.

  • En cas de désignation d’une seule personne responsable : cette annonce est à effectuer une seule et unique fois dans le but de désigner une personne de contact et responsable de la sécurité alimentaire (sauf en cas de changement de la personne responsable).
  • En cas de désignation de plusieurs responsables (un-e moniteur-trice par camp) : cette annonce est à effectuer pour chaque activité car le ou la signataire doit être le ou la responsable de la sécurité alimentaire. Dans ce cas, il serait intéressant de désigner une personne de contact (comité / permanence) pour le SCAV afin d’éviter une multiplication d’interlocuteurs-trices.

3. Annonce des activités

Une liste exhaustive des activités au format Excel (nom, type d’activité, dates, adresse, type de repas concernés) doit être transmise chaque année au SCAV dans les meilleurs délais avant les vacances scolaires.

  • En cas de désignation d’une seule personne responsable : la personne responsable est chargée de transmettre cette liste au SCAV.
  • En cas de désignation de plusieurs responsables (un-e moniteur-trice par camp) : la personne de contact est chargée de transmettre cette liste au SCAV accompagnée de toutes les annonces d’activités individuelles.

4. Formation de la personne responsable de la sécurité alimentaire

Le ou la responsable de la sécurité alimentaire devra effectuer une formation minimale de base de sécurité alimentaire auprès d’une structure reconnue par le SCAV (consulter la liste dans le document « Formation — structures formatrices »). Dans le cas où une seule personne est désignée comme responsable pour l’organisme, cette formation de 2 jours devra être effectuée une seule fois (sauf en cas de changement de personne responsable) et coûtera a priori CHF 700.–.

Pour les membres de la Charte, cette formation serait a priori prise en charge dans sa totalité par l’OEJ. Pour les membres du GLAJ-GE, celle-ci serait partiellement prise en charge par le Fonds Selim Neffah.

La formation devra avoir été effectuée avant l’annonce des activités. Par ailleurs, votre attestation de formation devra être transmise par e-mail au SCAV à l’adresse scav@etat.ge.ch dans les meilleurs délais. Toute absence de formation sera notifiée.

Le GLAJ-GE et la Charte peuvent organiser, sur demande et suffisamment à l’avance, une session de formation groupée dans le but de limiter les coûts de formation et de participer à une formation plus adaptée, dont les exemples et mises en situation seraient adaptés aux activités de loisirs.

5. Information et sensibilisation des équipes d’encadrement

Les équipes sur le terrain devraient être informées des directives de l’organisme en matière de sécurité alimentaire ainsi que des risques et des contrôles à effectuer durant l’activité. Une information écrite pourrait être élaborée et distribuée, ou un module de formation dispensé par la personne responsable ayant suivi la formation minimale de base.

6. Évaluer les risques et dangers des activités

L’organisme devra toujours évaluer les risques et dangers liés à la sécurité alimentaire lors de ses activités. Cette évaluation pourrait être effectuée une fois et reprise pour chaque activité (à condition de la réévaluer régulièrement et de l’adapter dans l’éventualité d’une activité inhabituelle). La Charte et le GLAJ-GE vous proposent des documents adaptés pour vous soutenir dans les démarches d’évaluation des risques et dangers.

7. Mettre en place des directives et des autocontrôles sur le terrain

La mise en place de directives de sécurité (avant l’activité) et d’autocontrôles sur le terrain reste inchangée. Les autocontrôles suivants sont à effectuer sur le terrain : désignation d’un-e responsable des courses, d’un-e responsable en cas de présence de nuisibles et liste des personnes en cuisine, plan de nettoyage, vérification de la température du frigo. La Charte et le GLAJ-GE vous proposeront des documents adaptés dans les meilleurs délais.